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Amiante

Pendant des dizaines d’années, l’amiante était considéré comme le matériau des mille et une possibilités, car aucune autre fibre ne possédait des qualités aussi optimales pour de nombreuses applications techniques. Les produits contenant de l’amiante ont été entre autres fabriqués sous forme de plaques, de nattes ou de formes pour la protection contre le feu et l’isolation thermique, comme garnitures de freins et d’embrayage dans la construction de véhicules ainsi qu’en tant que joints pour des processus, impliquant des températures élevées ou des produits chimiques.

Bien qu’interdit depuis 1990, on trouve encore de nos jours de l’amiante dans beaucoup d’anciens immeubles, par ex. sous forme de revêtements de façades, d’ensembles d‘appareillage (Eap), de toitures, de revêtements muraux et de sols, dans des plaques derrière des installations électriques, en tant que conduites isolantes ou dans des bacs à fleurs.

L’amiante est particulièrement dangereux quand il est inhalé. Déjà une petite quantité de poussière d’amiante dans l’air peut provoquer des maladies des poumons ou de la plèvre.

C’est pour cette raison que le maniement et l’élimination corrects de produits contenant de l’amiante sont un des aspects centraux de la sécurité au travail.

L’amiante, c’est quoi ?

L’appellation est issue du grec « Asbestos » et signifie « inaltérable, imputrescible ». L’amiante est un groupe de fines fibres minérales, qui se trouvent sous forme d’incrustations naturelles dans certaines roches contenant de la serpentine et des amphiboles. La particularité est la structure fibreuse et durable de l’amiante. Il appartient, comme le mica et le cristal, à la famille des silicates pierreux. L’amiante ne s’enflamme pas et est la plupart du temps incrusté dans les rochers ; on en trouve cependant parfois à la surface. Les techniques modernes d’analyse permettent de déceler presque partout des faibles quantités d’amiante. L’air que nous respirons contient en règle moins de 300 fibres respirables par mètre cube. Les fibres d’amiante dans l’air proviennent de l’érosion naturelle de gisements ou de l’ancienne utilisation industrielle de l’amiante. L’amiante se divise en deux groupes :

  • la serpentine
  • les amphiboles.

Gisements

Les principales mines d’amiante se trouvent au Canada, dans l’Oural et en Afrique du Sud. D’autres gisements sont également connus en Italie, à Chypre, en Finlande, ainsi que dans quelques régions d’Amérique du Sud et du Nord et en Australie. Une cinquantaine de gisements existent en Suisse. En raison des quantités insignifiantes, seules les mines de Poschiavo (GR) et Zeneggen (VS) ont été exploitées au début du 20e siècle.

Propriété

L’amiante resiste à des températures atteignant 1'000°C et à de nombreux produits chimiques agressifs comme la base et l’acide. Très isolant sur les plans électrique et thermique, il est aussi élastique et résistant aux tractions. Il se combine facilement avec des liants et est inaltérable. Grâce à ses propriétés exceptionnelles, l’amiante a servi dès environ 1930 à des utilisations multiples dans l’industrie et la technique.

Dangers

Lors du traitement et de la manipulation de l’amiante, de fines fibres alvéolaires peuvent se libérer et peuvent être inhalées. Dans ces cas, l’amiante est dangereux. Il suffit d’une petite quantité de poussière d’amiante dans l’air pour provoquer des maladies pulmonaires comme les plaques pleurales, l’asbestose, le cancer des poumons ou le mésothéliome (un cancer spécifique de la plèvre ou du péritoine). Les quantités de poussière d’amiante aujourd’hui considérées comme nuisibles à la santé se trouvaient autrefois dans les industries et métiers travaillant l’amiante (flocage dans l’industrie et la construction de wagons, fabrication de textiles, garnitures de freins, joints, panneaux d’isolation, amiante-ciment).

Réutilisation d’anciens produits en amiante-ciment

Les mesures effectuées par l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage OFEFP (aujourd’hui Office fédéral de l’environnement OFEV) et d’autres études confirment que les éléments en amiante-ciment intégrés dans des constructions ne sont pas nuisibles pour l’environnement. D’anciens produits en amiante-ciment comme des ardoises de toiture ou de façade, les plaques ondulées, les plaques de façade ou des tuyaux peuvent être utilisés jusqu’au terme de leur durée d’utilisation standard sans danger pour l’humain ou l’environnement. L’amiante-ciment ne doit pas être travaillé mécaniquement (scier, percer, poncer) car ces travaux peuvent produire de la poussière et libérer des fibres d’amiante. Les produits en amiante-ciment ne doivent pas être réutilisés. La réutilisation de ces produits occasionnerait immanquablement un façonnage libérant de la poussière, ce qui est potentiellement dangereux et interdit. Le commerce avec de l’amiante-ciment est interdit par la loi.

Anciennes plaques Pical

Les plaques antifeu Pical ont été fabriquées jusqu’en 1984. Ces plaques légères en amiante ont une autre composition et d’autres propriétés que les plaques en amiante-ciment. Les plaques Pical contiennent de l’amiante faiblement aggloméré. Elles ne doivent pas être travaillées mécaniquement ni ne doivent subir de contrainte mécanique afin d’éviter toute émission d’amiante. La directive CFST no 6503 (directive no 6503 de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail) stipule que le démontage de plaques Pical doit être effectué par des spécialistes reconnus par la Suva afin d’éviter toute libération de poussière d’amiante lors du démantèlement. De manière générale, ces spécialistes peuvent être consultés pour déterminer la teneur en amiante des matériaux de construction et leur manipulation correcte.

Les panneaux légers contenant de l’amiante étaient, dans certains cas, prescrits à titre de mesure de protection contre les incendies et sont donc largement répandus. Les domaines d’utilisation étaient les suivants :

Dans les bâtiments :

  • Revêtements de portes coupe-feu, niches pour radiateurs et face inférieure d’appuis de fenêtres
  • Revêtements muraux, en particulier pour les cloisons coupe-feu
  • Tabliers de revêtement de cloisons coupe-feu
  • Cloisons légères à ossature et systèmes de cloisons préfabriquées
  • Revêtements de la face inférieure d’escaliers et de plafonds
  • Faux plafonds

Installations et équipements d’exploitation :

  • Capitonnage d’installations de ventilation (par ex. ventilateurs)
  • Conduites de ventilation (pulsion et extraction), conduites d’évacuation de fumée
  • Clapets coupe-feu
  • Fermeture de canaux d’allège, chemins de câbles et passages de câbles
  • Garnitures de panneaux de cabines d‘ascenseur
  • Chaudières et équipements annexes
  • Isolation et revêtement de radiateurs électriques à accumulation

Installations électriques et éclairage :

  • Doublure et revêtement d’éléments d’installations électriques
  • Doublure, support et capitonnage de lampes

Risques

Bien que l’amiante n’ait pas un effet toxique immédiat, il y a toujours un risque d’inhaler des poussières fines d’amiante. Les fibres d’amiante ont une structure cristalline et ont tendance à se diviser dans le sens de la longueur pour prendre une taille toujours plus petite. L’organisme humain n’en élimine ou n’en décompose presque pas. L’action conjuguée des fibres d’amiante et du système immunitaire pour éliminer l’amiante endommage les tissus et le patrimoine génétique.
Les fibres restent pendant des années dans les poumons et peuvent ainsi entraîner des maladies diverses qui sont parfois de nature cancérigène. De faibles concentrations de poussières fines d’amiante dans l’air suffisent à provoquer l’apparition d’un mésothéliome (tumeur de la plèvre ou du péritoine) ou d’un cancer du poumon. Une exposition est problématique dès que les fibres ont une longueur supérieure à 5 micromètres (0.005 mm), une épaisseur inférieure à 3 micromètres et que le rapport longueur/épaisseur dépasse 3:1. Les fibres de plus de 20 micromètres sont particulièrement problématiques. Le développement d’une maladie à la suite de l’inhalation de fibres d’amiante est parfois très lent et peut prendre jusqu’à 40 ans. La quantité de fibres bio-persistantes présentes dans les tissus pulmonaires est un facteur déterminant pour évaluer le risque individuel. Ce dernier est d’autant plus élevé que la concentration des fibres dans l’air inhalé et la durée de l’exposition sont importantes. Des études épidémiologiques ont démontré que fumer en combinaison avec une exposition à l’amiante augmente fortement le risque de développer un cancer du poumon. Pour cette raison, il s’agit de minimiser l’exposition de la population à des fibres d’amiante dispersées dans l’air. Sur la base des connaissances actuelles, l’absorption orale d’une infime quantité de fibres d’amiante, par exemple dans l’eau potable ou l’alimentation, n'est pas dangereuse pour la santé.

Maladies provoquées par l’amiante

Il y a quatre groupes de maladies des poumons ou des organes avoisinants provoqués par l’amiante :

  • Les plaques pleurales, des épaississements bénins de la plèvre pariétale
  • L’asbestose ou fibrose pulmonaire
  • Le cancer du poumon
  • Le mésothéliome malin, une tumeur maligne de la plèvre

Les temps de latence des maladies dues à l’amiante sont élevés. Ils sont souvent de 15 à 45 ans après le début de l’exposition.

Actuellement, la Suva reconnaît une septantaine de cas par an. Le nombre ne cesse de progresser depuis le milieu des années 70. En raison de la longue période de latence, il n’est pas possible d’évaluer l’influence des mesures prises pour réduire l’empoussiérage. A la suite d’une décision du conseil d’administration de la Suva, le mésothéliome fut reconnu en 1969 pour la première fois comme maladie professionnelle. Depuis 1984, la poussière d’amiante figure sur la liste des substances nocives, selon les termes de l‘art. 9, al. 1 LAA. Par la suite, il fut reconnu comme maladie professionnelle selon l’art. 9, al. 1 LAA. Les symptômes du mésothéliome pleural apparaissent souvent très tard. A un stade avancé de la maladie, les patients se plaignent de douleurs dans la cage thoracique, d’insuffisance respiratoire, de toux et d’expectorations. Des épanchements de la plèvre (accumulation de liquide autour du poumon) sont fréquents. Le mésothéliome de la plèvre est plus rare ; les premiers symptômes sont des douleurs abdominales d’origine inconnue, de la constipation et de l’accumulation de liquide dans l’abdomen. A des stades ultérieurs, des occlusions intestinales sont à craindre.

Que faire en cas de soupçon de maladie ?

Les maladies provoquées par l’amiante ne se manifestent que des décennies après que les personnes y ont été exposées. En cas de suspicion de maladie professionnelle due à l’amiante, le médecin traitant ou le patient doit avertir la compagnie d’assurance accidents de l’employeur actuel ou du dernier employeur (cela vaut aussi pour les personnes à la retraite).

Risques pour la population

Le risque de développer une maladie due à l’inhalation de fibres d’amiante varie selon la quantité de fibres accumulées au cours du temps. Pour la population, ce risque est en général assez faible. Dans des cas isolés, des produits de construction peuvent contaminer l’air des locaux et augmenter le risque à long terme. Les risques les plus importants proviennent de la manipulation répétée sans précautions de matériaux contenant de l’amiante.

Risques pour les employés

Les employés chargés de travaux de désamiantage sont exposés à des risques importants pour leur santé. C’est pourquoi il existe des prescriptions protectrices strictes pour la manipulation d’amiante floqué et d’autres matériaux contenant de l’amiante faiblement aggloméré. Elles sont définies dans la directive de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail (directive CFST no 6503).

Protection des employés

Conformément à l’article 82 de la Loi fédérale sur l‘assurance-accidents (LAA, RS 832.20), l’employeur est tenu de prendre toutes les mesures dont l’expérience a démontré la nécessité, que l’état de la technique permet d’appliquer et qui sont adaptées aux conditions données pour prévenir les maladies et accidents professionnels. D’autre part, les employés sont également tenus d’aider l’employeur à respecter les directives de sécurité pour empêcher les accidents et les maladies professionnelles. Ils doivent en particulier utiliser les équipements de protection individuelle, faire appel aux dispositifs de sécurité et s’obliger à ne pas les enlever ou les modifier sans l’accord de l’employeur.
Les travaux de désamiantage d’objets contenant de l’amiante faiblement aggloméré sont régis par la directive 6503 CFST et ne doivent être exécutés que par des entreprises spécialisées. Les travailleurs qui effectuent des tâches d’assainissement sur des matériaux floqués à l’amiante sont subordonnés à la médecine préventive du travail de la Suva. Elle implique des premiers examens avant le début de l’activité ainsi que des visites de contrôle durant et après la fin de l’activité. Les jeunes de moins de 19 ans révolus et les apprenants jusqu’à l’âge de 20 ans révolus n’ont pas le droit d’être occupés à des travaux avec de l’amiante floqué ou d’autres matériaux contenant de l’amiante faiblement aggloméré.

Prestations d’assurance

La majorité des maladies provoquées par l’amiante sont d’origine professionnelle. Sont reconnues comme maladies professionnelles celles qui sont dues exclusivement ou essentiellement à l’exercice de l’activité professionnelle ou à des substances nocives lors de certains travaux (cf. liste des maladies professionnelles figurant à l’annexe 1 de l’Ordonnance sur l’assurance accidents (OLAA, RS 832.202). Elles sont assimilées par la Loi fédérale sur l’assurance-accident (LAA) à un accident professionnel. L’obligation de l’assureur doit être assumée par celui auprès duquel l’assurance a été contractée lorsque la personne assurée a été mise en danger pour la dernière fois par des substances nocives ou certains travaux ou activités professionnelles. Les prestations des assureurs-accidents en cas de maladie professionnelle comprennent le traitement médical, le remboursement des frais et des prestations en argent. Les prestations pour des maladies qui ne sont pas dues à des activités professionnelles sont couvertes sur la base de la Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal).

Désamiantage

Il faut procéder à des travaux de désamiantage lorsque les matériaux contenant de l’amiante constituent un risque pour la santé. L’urgence de tels travaux dépend de différents paramètres. Lorsqu’il s’agit d’amiante faiblement aggloméré, en particulier floqué, il faut agir sans tarder, car la libération de fibres est très probable. Il convient de vérifier également si le matériau en question est endommagé en surface, s’il existe des sollicitations mécaniques ou physiques, et s’il y a un risque de contact direct ou indirect avec des matériaux contenant de l’amiante. Le degré d’utilisation du local joue également un grand rôle. Les locaux utilisés régulièrement nécessitent davantage de travaux d’assainissement que ceux qui ne servent qu'occasionnellement.

Les panneaux exposés à des actions mécaniques, vibrations, mouvements d’air importants ou secousses devraient être éliminés. Les panneaux montés sur des éléments mobiles ou endommagés en surface sont particulièrement concernés. Le démontage de panneaux légers contenant de l’amiante est particulièrement dangereux et doit absolument être confié à des entreprises spécialisées. Pour des raisons de sécurité, il est interdit aux non-spécialistes de peindre les panneaux légers contenant de l’amiante.

Les travaux de désamiantage de sites contenant de l’amiante sont régis par la directive no 6503 de la CFST et ne doivent être exécutés que par des entreprises spécialisées dont le personnel a été spécialement formé. Ces entreprises sont tenues de déclarer auprès de la Suva tous les travaux sur de l’amiante faiblement aggloméré. La directive prescrit également les mesures de sécurité à respecter comme les appareils de protection respiratoire, les vêtements de protection, l’isolement du lieu et l’apposition de tableaux d’avertissement. Le succès du désamiantage de l’amiante faiblement aggloméré devra être prouvé en conclusion par une mesure de contrôle.

Les travaux de désamiantage lorsqu’il s’agit d’amiante fortement aggloméré demandent moins d’efforts. Les fiches d’information de la Suva no 33036 f « Assainissement de panneaux légers contenant de l’amiante par des entreprises reconnues » et no 33031 f « Enlèvement de plaques de fibrociment à l’air libre » contiennent des recommandations quant à la procédure correcte à suivre. Il est primordial d’éviter la libération de poussières.

Interdiction de l’amiante

En Suisse, l’amiante est interdit depuis le 1er mars 1989. Cette interdiction concerne aussi bien l’utilisation de l’amiante que la remise, l’importation et l’exportation de produits et objets contenant de l’amiante (annexe 1.6 de l’Ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques du 18 mai 2005, RS 814.81).

L’interdiction de l’amiante interdisait l’utilisation de la plupart des produits et objets contenant de l’amiante à partir du 1er mars 1990, avec une période transitoire jusqu’au 1er janvier 1995 en ce qui concernait certains usages. L’utilisation d’amiante floqué a déjà cessé dès les années 1975/1976.

L’amiante a été intégré à de nombreux produits. Jusqu’à son interdiction, on pouvait trouver la « fibre miracle » par exemple dans des conduites d’eaux usées, des enduits de protection contre l’incendie, des fers à repasser, des gants, des coussins chauffants, des grille-pain, des rétroprojecteurs et bien d’autres. Selon l’Ordonnance sur les substances dangereuses pour l’environnement (Osubst) de 1989, les produits et objets contenant de l’amiante ne peuvent plus être distribués ni introduits sur le marché à partir des dates suivantes :

1er janvier 1991

  • Plaques planes et plaques ondulées de grand format
  • Conduits d’évacuation des eaux domestiques
  • Filtres et substances destinées à la filtration pour la production de boissons

1er janvier 1992

  • Garnitures d’embrayage pour véhicules à moteur, machines et installations industrielles

1er janvier 1995

  • Conduits de pression et canalisation
  • Garnitures d’embrayage de rechange pour véhicules à moteur, véhicules ferroviaires, machines et installations industrielles présentant des caractéristiques techniques particulières
  • Joints de culasse pour moteurs de type ancien
  • Joints plats statiques et garnitures dynamiques pour des éléments soumis à de fortes contraintes
  • Filtres destinés à la filtration ultrafine ou stérilisatrice pour la production de boissons et de médicaments
  • Diaphragmes pour les procédés d‘électrolyse

1er mars 1990

  • Tout autre produit ou objet contenant de l’amiante

Tableaux de distribution électrique

En principe, les matériaux contenant de l’amiante se trouvant dans des bâtiments ne doivent pas obligatoirement être éliminés, à moins que la santé des humains soit gravement mise en danger par la libération de fibres. L’amiante est interdit depuis 1990.

Avant d’entreprendre des travaux, il faut tenir compte de deux aspects. D’une part assurer la protection des ouvriers et, d’autre part, celle de personnes tierces (dans le cas d’un électricien : ses clients). Pour ces deux catégories de personnes, il y a des différentes valeurs-limites. Pour les collaborateurs, la valeur VME/VLE (valeur limite d’exposition au poste de travail) est de 10'000 fibres d’amiante respirables (FAR) par m3 d’air, et de 1'000 FAR/m3 pour le public.

La Suva a mesuré ces concentrations lors de divers travaux (remplacement de compteurs, changement (démontage) de plaques d’Eternit contenant de l’amiante). Les résultats étaient sensiblement supérieurs à la VME et aux 1‘000 FAR/m3. Cela signifie qu’il faut prendre des mesures afin d’éviter une contamination de l’immeuble et une haute exposition des ouvriers aux fibres. Il est interdit de percer, scier, poncer ainsi que d’autres activités de ce genre.

Mesures à prendre

  1. Comme l’amiante est cancérigène, il ne faut pas seulement veiller à respecter les limites prescrites, mais viser un niveau d’émission le plus bas possible. Pour cela, les électriciens devront porter un masque de protection du type P3. Ces masques de protection doivent être fournis gratuitement aux travailleurs par les employeurs. Ils sont entre autres fabriqués par 3M (masque de protection respiratoire 8835FFPJ ou G332 FFP3) et peuvent être obtenus auprès des grossistes ou des entreprises spécialisées.
  2. Eviter absolument la propagation de poussières. Le meilleur moyen d’y parvenir est d’utiliser un aspirateur industriel muni d’un filtre H (classe de poussière H selon EN 60335-2-69, avec exigence supplémentaire amiante). Il est interdit d’utiliser des aspirateurs domestiques communs, car ceux-ci soufflent à nouveau la poussière dans l’air. Il est également possible de réduire la quantité de poussière respectivement de la lier par voie humide.
  3. En présence de boîtiers répartiteurs contenant des plaques d’amiante non fortement aggloméré comme les plaques d’Eternit, mais de plaques avec de l’amiante faiblement aggloméré comme les plaques Pical, il est interdit de faire quoi que ce soit. Dans ces cas, il faut faire appel à un spécialiste qui les éliminera de façon adéquate. Les installateurs-électriciens peuvent démonter un Eap contenant de l’amiante faiblement aggloméré avec une surface de <=0.5m2, sous condition qu’ils aient fait la formation proposée par la Suva et l’USIE, et que le démontage soit possible sans destruction de l’Eap.
  4. Les collaborateurs doivent être informés de la procédure, de préférence par écrit. L’aide-mémoire de la Suva « Identifier et manipuler correctement les produits contenant de l’amiante »peut être utile lors de l’instruction.
  5. L’élimination des déchets contenant de l’amiante doit être effectuée selon les prescriptions cantonales en vigueur.

 

Procédure en cas de présence suspectée d’amiante

La date de production ou du montage et le genre de produit peuvent donner une indication s’il y a des produits de construction contenant de l’amiante. Si la présence d’amiante est suspectée, il y a avant tout lieu d’être prudent et d’agir avec circonspection. Enlever soi-même des matériaux contenant de l’amiante peut libérer une grande quantité de fibres et mettre gravement en danger sa santé et celles des autres. Un échantillon prélevé selon les consignes devra être analysé dans un laboratoire spécialisé afin de vérifier si des matériaux de construction suspects contiennent de l’amiante. Vous trouverez une liste de ces laboratoires sur la page d’accueil de la Suva.

Responsabilité

En principe, en cas de contamination par de l’amiante, c’est l’entrepreneur qui est responsable selon l’art. 41 CO. Cet article stipule que celui qui cause, d’une manière volontaire ou par négligence, un dommage à autrui, est tenu de le réparer. Au cas où les collaborateurs causent un dommage, l’employeur est responsable envers le maître d’œuvre selon l’art. 55 CO, al. 1. Un tel dommage peut par exemple être causé par une manipulation négligente de l’amiante, qui a eu pour effet une contamination de l’immeuble. L’entrepreneur ne peut s’exonérer de sa responsabilité que s’il peut prouver qu’il a pris tous les soins commandés par les exigences pour éviter un dommage de ce genre ou que sa diligence n’aurait pas empêché le dommage de se produire. La responsabilité doit particulièrement être prise en considération, car plusieurs assurances responsabilité civile excluent toute prestation en cas de dommage impliquant l’amiante. Il est donc important, lors de la conclusion du contrat, d’exclure la responsabilité envers le maître d’œuvre en cas de dommages provoqués par l’amiante.